ARTHUR............ UN DUR !

Arthur est né le 5 juillet 1914 ; Son nom est Guelzec, mot Breton qui, traduit en Français, peut vouloir dire “agréable à regarder “. C’est un Sinagot, il a vécu et grandi dans le Bourg de Séné, rue des Vierges.

En 1939, il est mobilisé sitôt la guerre déclarée à l’Allemagne, comme des millions de jeunes Français. Il attend patiemment que L’Allemagne règle ses comptes avec ses voisins Thèques et Polonais, cela va prendre un an. Un an pendant lequel, sur le front, il ne se passe rien, drôle de guerre dit-on ! C’est bizarre, la France déclare la Guerre et ne l’a fait pas ! On attend..., on attend quoi ? Qu’en face, ils soient prêts !

En 1940, les Allemands arrivent à la vitesse d’un éclair, et administre une telle fessée à la France que celle-ci est désemparée et crie Sauve qui peut ! En 3 jours, la France met un genou à terre, elle se croyait pourtant la plus forte, elle est humiliée, déshonorée. A Paris, Députés et Sénateurs décampent, ils laissent les clés de la maison à un vieillard...

Arthur est fait prisonnier à Dunkerque ; Le canon de son fusil est toujours aussi froid, il n’a jamais servi, il n’a pas eu le temps, devant, ils étaient trop forts et trop rapides. C’est à marche forcée de 30 / 40 kms par jour qu’il rejoindra un stalag en Allemagne, l’IB-IBX. Le sang de la liberté coule dans les veines d’Arthur, sa femme et ses enfants lui manque. L’idée de s’évader, germe dans son cerveau, elle ne va pas tarder à éclore. A la première occasion, il tente le coup en avril 1942, c’est un échec : il est repris et cette fois emprisonné dans le camp de Rawa-Ruska en Ukraine Polonaise, le camp des fortes têtes celui que Churchill appela, celui de la Goutte d’eau et de la Mort Lente, pour les Allemands ; Celui des Terrorist Mann, celui que la Croix rouge n’a pas le droit de visiter.

Arthur restera à Rawa-Ruska jusqu’au 24/12/1942, ’ le soir de Noël ’. A sa sortie, il pèse 40 kg, il a appris l’Allemand car pour lui ça peut toujours servir. Il retourne au stalag IB-IBX près de Berlin. La ville bombardée sans cesse est un amas de ruine, on demande des maçons et des couvreurs. Arthur, maçon de profession, se présente comme étant couvreur, des échelles ça peut toujours servir et c’est grâce à l’une d’elles qu’il tentera et réussira à s’évader en mars 1944. Lors d’une réparation, Arthur aperçoit une courette sur l’autre versant, il décide de s’y rendre. Dans un petit cabanon, il découvre une tenue d’officier Allemand, elle est là, abandonnée sans doute par un déserteur. La tentation est trop forte, il l’enfile. Il reste quelques jours dans un Berlin en ruine, il se promène au bras d’une Allemande que le hasard a mis sur sa route, tous deux sont en manque de tendres câlins, par les temps qui courent, y’a pas de mal à se faire du bien.

La récréation terminée, il est temps de songer à rejoindre la France et son village de Séné éloigné de plus de 1 000 kms. Première étape, Berlin / Krefeld à pied et de nuit. Krefeld se situe en Allemagne à la frontière Belge, une grande gare de marchandises à destination de la France. C’est de nuit, en longeant les murs et à la faveur de l’obscurité, qu’Arthur trouvera un wagon sur lequel il devine l’inscription Le Bourget France. C’est le bon, les portes sont cadenassées, le départ est imminent : c’est maintenant ou jamais ! Il fera le voyage, couché et accroché sous ce wagon. Arrivé au Bourget, il est, courbaturé, transis de froid et affamé. Il tente le tout pour le tout et courre vers la locomotive pour se réchauffer. La chance lui sourit, les 2 cheminots sont des résistants ; Après lui avoir donné une tasse de café bien chaude, il lui donne une adresse où il pourra se faire de faux papiers pour rejoindre sa chère Bretagne et enfin Séné 2 jours plus tard.

A Séné, Arthur se fera discret, il cherche néanmoins du travail. Il en trouve chez un Pêcheur de la presqu’ile de Séné. Il se sait activement recherché par les Allemands pour qui il est toujours un Terrorist Mann. Dénoncé par une femme du village de Kerdavid, sa présence est signalée à la Gestapo. Sa demeure est localisée, le Bourg de Séné encerclé par de nombreux Allemands, l’étau se resserre. Arthur sera prévenu in extrémis sur son lieu de travail que les Allemands sont là en nombre, par la tenancière du Café Boucherie du Bourg. Il abandonne ciment et truelle et se réfugie sur l’ile de Boédic, dans les toujours visibles garages à bateaux. Pendant ce temps chez lui, sous les yeux de sa femme, tout est cassé, mis à sac. Sa femme est envoyée à Vannes pour y être interrogée, interrogatoire musclé, sa déportation en Allemagne est envisagée. En attendant, elle sera affectée au Mess des Officiers Allemands. Son départ est prévu tel jour, ses copines de travail s’y opposeront, prétextant qu’elle travaille très bien et est devenue indispensable au Mess. Les Américains approchent, en attendant Arthur a rejoint nuitamment le Bourg de Séné. Le jour, il se cache du côté de la place Coffornic, son père ira tous les matins vider 2 sceaux hygiéniques sur le fumier près du mur d’enceinte du cimetière : un sera rempli d’excréments, l’autre, de nourriture pour le fils. Grâce à Dieu, il n’y eu jamais d’erreur ! ! !

Arthur reprendra une vie normale, entrepreneur en maçonnerie, il sera recherché pour la qualité de son travail, les plus belles maisons construites sur les routes de Langle et Bellevue sont son œuvre. Jamais, il ne parlera de sa captivité, de ses évasions. Il refusera décorations, retraite du combattant, etc…

Le Kanak, 14/12/2014