IL N’Y A QUE LES SŒURS !...

On serait presque tenté de croire que la laïcisation a du bon ; Elle met mieux en relief le dévouement désintéressé de celles que l’on expulse.

Les sœurs ont été chassées des hôpitaux. Vite ! Qu’elles reviennent ; ça ne va plus. Depuis longtemps, on s’en est aperçu à Lorient. A Roanne on réclame : Nous citons :

Lors de la réunion de la nouvelle Commission administrative issue des dernières élections municipales, une question était à l’ordre du jour, la réorganisation de l’hospice des vieillards. Cet hospice inauguré, il y a quelques mois, avec un personnel laïc, est en complète désorganisation ! Même un infirmier ayant quitté son service avec la cuisinière et la directrice ayant en même temps abandonné son poste, les vieillards faillirent ne pas manger. Heureusement, une femme dévouée assura provisoirement le service. Il s’agissait de mettre fin à ce provisoire. Et comment ? A quel dévouement faire appel ? C’est la question qu’a posée dès le début de la séance, M. Bonnaud, le nouveau maire.

- Mais il me semble, répondit le docteur Cacarrie, que l’expérience est faite : il n’y a que les Sœurs !...

A l’unanimité la Commission administrative de l’hospice décida de confier les vieillards aux religieuses.

Il n’y a que les Sœurs !...

Cherbourg et Marseille l’ont reconnu, en faisant rentrer les religieuses lors d’une épidémie qui avait mis en fuite tout le personnel laïc. Il en sera de même à Lorient. Les religieuses sont revenues en 1799, après une expérience de huit ans, cruelle et désastreuse. Elles reviendront, fêtées par l’administration civile autant que par les catholiques.

Que voulez-vous : il n’y a que les Sœurs…

Demandez-le à M. Clémenceau, ancien président du Conseil des ministres. Il a été gravement malade. Il s’est fait soigner par des religieuses. Un ami vient le trouver et lui dit :

- Comment ! vous, Clémenceau, vous êtes entre les mains des bonnes sœurs ?

- Moi, je m’en f… pourvu que je sois bien soigné.

Il n’y a que les Sœurs !...

Extrait du Bulletin paroissial de juillet 1912