LES BENITIERS

Les plus anciens bénitiers étaient en pierre, engagés à demi dans la paroi qui avoisine la porte. Parfois leur grande taille et leur situation dans l’édifice sacré les fait prendre pour des sièges.

Au Montcel, près de Pont, des débris de têtes gargouilles du XII ème siècle, qui sont demeurés sur l’herbe des jardins, sont évidemment les restes d’un lavabo comme Saint-Vandrille en a conservé un spécimen superbe. A Saint-Leu, à la cathédrale de Senlis, autrefois un puits placé au centre du cloître servait au même usage. C’était une invitation à purifier en même temps que ses mains, l’âme.

Les petits frères de ces bénitiers ce sont ces bénitiers manuels que l’on porte ici ou là selon les exigences de la liturgie à travers le Saint Lieu aux aspersions, aux obsèques.

Parmi les bénitiers de maison qui sont une des pièces les plus indispensables du mobilier d’une habitation chrétienne, il faut distinguer les bénitiers de chevet ceux dont le dos aplati permet qu’on le suspende à la muraille.

J’ai constaté au cimetière à Saint-Pol de Léon, entr’autres cimetières bretons, l’usage de creuser dans la dalle du monument funéraire une petite cavité destinée à recevoir une réserve d’eau bénite ; Je crois que le bedeau vient remplir ces cavités tous les samedis. Est-ce que dans nos pays autrefois le magister n’apportait pas ainsi chaque samedi, dans la maison, l’eau bénite ?

A défaut du magister, chaque famille doit prendre soin de mettre de l’eau bénite dans le bénitier. L’eau bénite est un sacramental, c’est-à-dire un de ces signes auxquels l’Eglise a attaché la vertu d’effacer les péchés véniels.

Extrait du Bulletin paroissial d’août 1914