ROMPU VIF SUR LA ROUE

Assassinat de Gabriel Le Ridant

Sarzeau, le 2 novembre 1769

Par sentence du 12 décembre 1769 de la sénéchaussée royale de Rhuis, Jean Garhaix, 29 ans, fils de Jean et Jeanne Le Talec, natif de la paroisse d’Evion, évêché de Quimper, de la taille de 4 pieds, 9 pouces et 6 lignes, soit 1,543 m, les cheveux bruns, sourcils et barbe blonde, les yeux bruns, le nez moyen et gros du bout, front large, visage ovale et coloré, bien pris dans sa taille, a été déclaré atteint et convaincu d’avoir, le 2 novembre précédent, environ les 9 heures et demie du soir, assassiné Gabriel Le Ridant, tant à coups de bâton ou massue, qu’à coups de hache, près la marre de Brenuder, joignant le grand chemin de Sarzeau à Vannes, pour réparation de quoi il a été condamné :

A avoir les bras, jambes, cuisses et reins rompus vif, sur l’échafaud qui pour cet effet sera dressé sur la place de ladite ville et être ensuite mis sur une roue, la face tournée vers le ciel pour y finir ses jours ; Ses biens saisis au profit du roi et en 10 livres d’amende et les dépens.

Il a été conduit par la voiture des Messageries, dans les prisons de Rennes, à la disposition du Parlement, le 27 décembre 1769. Le Concierge des prisons de la Cour, a été chargé d’en faire bonne et sûre garde et de le nourrir au pain du roi.

Par arrêt du parlement, en date du 5 janvier 1770, la cour a mis l’appel à néant et a ordonné que ce dont il a été appelé sortira son plein et entier effet et que l’exécution se fera dans la ville de Sarzeau et, faisant droit sur les conclusions du procureur du roi, a ordonné en outre que le corps du dit Jan Garhais sera exposé sur le grand Chemin, dans l’endroit le plus près du lieu où le crime a été commis. Les juges de Rhuis ont été chargés de mettre l’arrêt de la Cour à exécution.

Néanmoins : " Il a été convenu que le dit Garhais sera estranglé après avoir reçu les derniers coups " sans attendre qu’il expire sur la roue.

Le kanak " source chroniques judiciaires, Le Pain du Roi "